Le Pas-de-Calais est un département français, qui doit son nom au « pas de Calais » qui le sépare de l'Angleterre (le mot pas vient du mot passage et signifie détroit). La préfecture de ce département qui fait partie de la région Nord-Pas-de-Calais est Arras. L'Insee et la Poste lui attribuent le code 62.
I.Histoire :
Le Pas-de-Calais fut l'un des 83 départements créés à la Révolution française, le 4 mars 1790 en application de la loi du 22 décembre 1789. Pour créer ce département, le régime révolutionnaire fusionna une partie de la généralité d'Amiens (Boulonnais et une partie du Ponthieu) avec l'Artois reconquis sur les Espagnols un siècle plus tôt et le Calaisis.
La première guerre mondiale est particulièrement dure dans ce département qui est alors habité par environ 250 000 personnes. Les
hommes sont en grande partie mobilisés ou doivent travailler à la mine. Une partie de la population doit fuir. En 1918, des "comités de réfugiés" ou "unions de réfugiés" existent dans les zones
les plus touchées et non-occupées, associant souvent belges et français (par exemple à Le Portel, à Berck-Plage, à Rang-du-Fliers, au Touquet-Paris-Plage, à Saint-Omer. À Boulogne-sur-Mer a été
créée une Oeuvre du placement gratuit des réfugiés. À Calais, un comité des réfugiés du Pas-de-Calais cohabite avec un comité officiel belge de secours aux réfugiés.
Leur interlocuteur commun est à la Préfecture le service départemental des réfugiés et celui des évacuations, ainsi que la commission départementale des réfugiés (11 membres se réunissant 2 fois
par semaine à la préfecture, plus une sous-commission de 3 membres traitant des urgences). La Croix-rouge et de nombreuses oeuvres charitables les aident.
Dans le même temps (printemps 1918), un service de reconstitution des régions libérées tente de préparer le retour des population ou la protection des biens, services et personnes dans
les zones où l'ennemi a reculé. Il faut y faire parvenir des matériels, denrées et mobiliers, ce qui nécessite des moyens de transports difficiles à trouver.
A la signature de l'armistice, le Pas-de-Calais est probablement le département le plus dévasté ; Plusieurs villes dont Lens sont rasées, les carreaux de mines sont dévastés et « plus de deux cents communes rurales n'existent plus » écrit André Mabille de Poncheville. Le département est classé avec 11 autres (mais en totalité) en zone rouge et il a souffert de séquelles physiques, psychiques et environnementales durant des décennies.
II. Géographie :
Le Pas-de-Calais est entouré par les départements du Nord et de la Somme et est côtier avec la Manche et la mer du Nord. Cette façade littorale est l'une des plus riches de France (en termes de diversité d'habitats d'intérêt européen).
- Villes de plus de 40 000 habitants : Arras, Boulogne-sur-Mer, Calais
- Villes de plus de 30 000 habitants : Lens, Liévin
- Villes de plus de 15 000 habitants : Avion, Berck, Béthune, Bruay-la-Buissière, Carvin, Hénin-Beaumont, Outreau, Saint-Omer.
- Cours d'eau : l'Authie, la Canche, la Ternoise, la Liane, la Sensée, la Scarpe, la Deûle, la Lys, l'Aa...
III. Climat :
Le Pas-de-Calais est un département classé sous climat océanique.
De par sa position, le Pas-de-Calais est soumis à différentes influences climatiques : le temps est dit "variable" mais la mer protège souvent de tout excès climatique.
Le relief et la position du département par rapport aux grand flux différencient le climat d'un bout à l'autre de la région :
- l'influence atlantique en flux d'ouest entraîne souvent le passage de perturbations et des ciels de traine typiques de la région.
- l'influence des flux d'est peut provoquer des hivers froids sous un ciel bleu immaculé ou des étés ensoleillés.
- les flux de sud apportent en été un air asséché par le survol de la France et l'intérieur de la région peut alors approcher les 40°C, comme lors de l'été 2003.
Les zones les plus arrosées sont les zones de reliefs, surtout si elles sont boisées. L'ouest est exposé aux vents marins dominant de sud-ouest : le Haut Pays d'Artois est par exemple la zone la plus arrosée du département, avec 1000 mm/an. Au centre du département, les collines de l'Artois reçoivent environ 800 mm/an. Ce cumul tombe à 600 mm/an sur le versant sud-est, protégé des vents dominants, avec une moyenne des températures maximales estivales légèrement supérieure à 23°C. On observe donc un contraste dans les précipitations, avec des zones de relief à l'ouest relativement arrosées alors que certaines régions de plaines sont assez sèches.
Le climat est de type océanique, surtout au nord-ouest, les amplitudes thermiques sont modérées et les hivers sont doux avec un temps instable. Les jours de gelée et de neige sont peu nombreux. À Boulogne-sur-mer, il y a en moyenne 5,2 jours avec une température maximale moyenne inférieure à 0° et la température la plus basse enregistrée depuis 1947 est de -13,6°C. La nébulosité, qui contrairement à l’opinion générale n’est pas si fréquente, est limitée par des vents toujours actifs. Le sud-est du département connait un climat un peu plus continentalisé moins venté avec des écarts de température plus marqués.
La température moyenne en hiver s'élève de 2°C à 4°C du sud-est vers le nord-ouest, et en été va de 17°C à 18°C en sens inverse. Lors de canicules exceptionnelles, les températures peuvent atteindre les 35°C, et lors d'hivers très rigoureux, les records de froids vont de -13°C à -18°C. Dans le Pas-de-Calais, le nombre de jours avec pluie est de 159 jours par an soit 44% de l'année. À Boulogne-sur-mer, le nombre de jour par an avec pluie importante est de 44.
IV. Economie :
L'exploitation minière et le textile ont été les deux principales activités dans le Pas-de-Calais. Mais maintenant les deux activités sont arrêtées. (Voir aussi pour les mines : Houillères du Nord-Pas-de-Calais). L'activité touristique est importante, sur le littoral notamment. Le port de Calais est avec son homologue de Douvres en Angleterre l'un des premiers port de passagers du monde (en nombre de passagers).
V. Démographie :
Les habitants du Pas-de-Calais sont les Pas-de-Calaisiens, le sobriquet patoisant de "boyaux rouges" leur est également appliqué.
Le Pas-de-Calais est un des départements les plus peuplés et les plus urbanisés de France. Pourtant il n'a aucune très grande ville : la plus importante, Calais (intra-muros) représente 80 000 habitants, suivie d'Arras (dont la population s'accroît contrairement à Calais et Boulogne-sur-Mer) ; et Boulogne-sur-Mer ; Saint-Omer constitue aussi une agglomération importante de plus de 50 000 habitants. Le Pas-de-Calais est le département qui a le plus grand nombre de communes (895). Presque toutes ces communes appartiennent à des structures intercommunales (liste des communes).
Autrefois, ce furent des villes comme Aire-sur-la-Lys, (jusqu'au XVIIème siècle) qui s'avéraient les plus denses. Elles conservent malgré tout une population moyenne (l'agglomération d'Aire-sur-la-Lys compte tout de même 23 000 habitants).
La partie la plus densément peuplée correspond au bassin minier (Houille) qui s'est beaucoup développé au cours du XIXe siècle et pendant la première moitié du XXe siècle, à l'est du département. On n'y trouve pas véritablement de grande ville, mais autour des centres comme Lens, Liévin, Béthune, Bruay-la-Buissière, Hénin-Beaumont, une multitude de petites villes sont accolées les unes aux autres, formant une vaste conurbation qui se prolonge dans le département du Nord jusqu’à Douai et Valenciennes. Ces agglomérations forment un ensemble presque continu de plus de 1,2 million d'habitants (dont plus de la moitié dans le Pas-de-Calais). Par contraste, le centre et le sud du département sont très ruraux (mais tout de même relativement denses), parsemés de très nombreux petits villages et de quelques petites villes.
Jusqu’à la Première Guerre mondiale, l'activité minière entretint une croissance démographique élevée (700 000 habitants vers 1850, presque 1 000 000 en 1900). Le conflit affecta directement le département (qui connut l'occupation allemande et fut un des principaux champs de bataille), mais la population réaugmenta fortement dès le lendemain de la guerre, pour atteindre 1 200 000 habitants. Après la crise économique de 1929, une autre période de décroissance s'amorça, prolongée par la Seconde Guerre mondiale. Après 1945, la croissance revint avec la reconstruction et la population augmenta nettement pendant une vingtaine d'années, de 1 168 545 en 1946 à 1 397 159 en 1968. Depuis, le nombre d'habitants a stagné (1 441 568 en 1999) : la population reste jeune et les naissances sont largement excédentaires sur les décès, mais le solde migratoire est fortement négatif à cause du déclin des activités minières et des industries liées. Certaines villes qui ne vivaient que des mines ont perdu jusqu’à la moitié de leur population au cours du dernier demi-siècle.
Les cinq plus grandes villes du département sont :
- Calais : 75 293 habitants, ville maritime sous-préfecture au nord-ouest du département.
- Boulogne-sur-Mer : 43 840 habitants, ville maritime sous-préfecture au milieu ouest du département.
- Arras : 42 672 habitants, préfecture du département au sud-est du département.
- Lens : 36 011 habitants, ville sur l'ex bassin houiller, sous-préfecture à l'est du département.
- Liévin : 32 174 habitants, ville sur l'ex bassin houiller, chef-lieu de canton à l'est du département, commune voisine de Lens.
| Hommes | Classe d'âge | Femmes |
|---|---|---|
|
0
|
0,1
|
|
|
3,8
|
7,7
|
|
|
11,5
|
13,7
|
|
|
14
|
14
|
|
|
23,3
|
21,4
|
|
|
24,1
|
21,9
|
|
|
23,4
|
21,1
|
Bien que peuplé de plus d'un million d'habitants, le Pas-de-Calais est resté longtemps dépourvu d'université. En 1992, l'université d'Artois et l'université du Littoral sont venues réparer cette anomalie. Elles présentent la particularité d'être multipolaires et inter-départementales : Arras (siège de l'université d'Artois), Béthune, Douai, Lens et Liévin pour l'une et Boulogne-sur-Mer, Calais, Dunkerque et Saint-Omer pour l'autre.
La création de ces deux ensembles universitaires a accompagné le processus de massification de l'enseignement, sensible également dans le département autant que dans le reste du pays.
Selon l'INSEE, au travers du recensement général de la population 1999, les évolutions qu'a connu le département sont importantes.
Entre 1990 et 1999, la proportion de jeunes scolarisés s'est sensiblement accrue.
S'agissant des 16 à 18 ans, le taux de 96 % a pratiquement été atteint tandis que, dans la tranche d'âge située entre 19 et 24 ans révolus, le taux de scolarisation est passée de 32,5 à 46,8 %.
Enfin, le nombre des personnes âgées de plus de 25 ans poursuivant des études a sextuplé en neuf ans, et il faut sans doute y voir là l'impact de la création des structures universitaires.
Le niveau moyen de formation initiale s'élève : les jeunes de 15 à 24 ans sortis de l'école sans diplôme ou avec un niveau certificat d'études primaires ne représentent plus que 7,1 % de leur classe d'âge, contre 24,1 % des personnes âgées de 30 à 39 ans, et 42,2 % des personnes âgées de 40 à 59 ans.